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Les bases

Le cycle solaire : 11 ans de battement

Mise à jour 24 avril 2026 · 7 min

En bref

Le Soleil alterne des périodes de calme et d'activité intense en un cycle d'environ 11 ans. Nous sommes actuellement près du maximum du cycle 25, qui a déjà produit la plus grande tempête depuis 2003 en mai 2024 et devrait rester très actif jusque vers 2027-2028.

Un battement stellaire

Le Soleil n'a pas une activité constante. Son champ magnétique interne oscille sur un cycle d'environ 11 ans : il gagne en complexité jusqu'à atteindre un maximum, puis se simplifie jusqu'à un minimum où presque aucune tache solaire n'est visible. À chaque cycle, la polarité magnétique globale du Soleil s'inverse : le vrai cycle fondamental est donc de 22 ans, appelé cycle de Hale.

Les cycles sont numérotés depuis 1755. Nous sommes actuellement dans le cycle 25, démarré en décembre 2019, avec un maximum attendu entre 2024 et 2026.

Comment on le mesure

Historiquement, on compte les taches solaires visibles à la surface : plus il y a de taches, plus le cycle est actif. Aujourd'hui, le SIDC à Bruxelles maintient la référence internationale du nombre de Wolf. D'autres indicateurs complètent la mesure :

  • Flux F10.7 cm : émission radio du Soleil à 2,8 GHz, disponible quotidiennement.
  • Taux d'éruptions par classe (M, X).
  • Nombre de régions actives géo-effectives par rotation solaire.

Le cycle 25, initialement prévu faible par les modèles, s'est révélé plus intense que prédit. Son maximum se situe déjà au-dessus des prévisions, et les mois 2024-2025 ont été les plus actifs depuis 2001-2003.

Pourquoi 2026 est une bonne année

En période de maximum solaire :

  • Le nombre d'éruptions X double ou triple par rapport au minimum.
  • Les CME sont plus fréquentes et plus rapides.
  • Les tempêtes géomagnétiques de classe G3 à G5 deviennent régulières.
  • Les aurores descendent plus souvent en latitude moyenne, y compris sur la France.

Concrètement : entre 2022 et 2026, la France a vu plus d'aurores que sur les 10 années précédentes réunies. Les événements de 24 mars 2024, 10-11 mai 2024, 11 octobre 2024 et 1er janvier 2025 ont tous produit des aurores visibles depuis au moins la moitié du pays. Le maximum ne durera pas : le cycle redescendra naturellement à partir de 2027-2028, puis le minimum suivant sera probablement atteint vers 2030.

Ce qu'on ne comprend pas encore

La mécanique interne du cycle solaire reste l'un des grands problèmes non résolus de la physique stellaire. On sait que la dynamo solaire couple la rotation différentielle et la convection, mais on peine à prédire avec précision l'amplitude et la durée de chaque cycle. Le cycle 24 (2008-2019) fut le plus faible depuis un siècle ; le cycle 25 était initialement prévu similaire, avant de surprendre par sa vigueur.

Des cycles très longs, comme le minimum de Maunder (1645-1715) pendant lequel quasi aucune tache ne fut observée, rappellent qu'il existe une variabilité à l'échelle du siècle. On ne sait pas encore si un tel minimum pourrait se reproduire.

Questions fréquentes

Le cycle 25 finit-il bientôt ?
Le maximum est attendu entre 2024 et 2026 selon les modèles. La phase descendante durera ensuite 4 à 5 ans, avec des tempêtes encore possibles mais moins fréquentes. Le cycle 26 débutera probablement vers 2030.
Faut-il attendre 11 ans pour voir une aurore depuis la France ?
Non. Même en minimum solaire, quelques tempêtes par an peuvent produire des aurores visibles depuis le nord de la France. Mais la probabilité d'événements majeurs (Kp 8-9) accessibles depuis le centre et le sud de la France est clairement plus élevée autour du maximum.
Pourquoi le cycle 24 a-t-il été si faible ?
Les modèles suggèrent une inversion des polarités du champ solaire anormalement longue. Les données historiques montrent que certains cycles sont faibles, d'autres vigoureux ; la variabilité n'est pas encore prédictible plus d'un cycle à l'avance.
Qu'est-ce que le nombre de Wolf ?
Une mesure conventionnelle du nombre de taches : R = k × (10 × G + N), où G est le nombre de groupes de taches, N le nombre total de taches individuelles, et k un facteur correcteur selon l'observateur. C'est la plus ancienne série temporelle continue en astronomie, depuis 1755.

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