En bref
Le Soleil alterne des périodes de calme et d'activité intense en un cycle d'environ 11 ans. Nous sommes actuellement près du maximum du cycle 25, qui a déjà produit la plus grande tempête depuis 2003 en mai 2024 et devrait rester très actif jusque vers 2027-2028.
Un battement stellaire
Le Soleil n'a pas une activité constante. Son champ magnétique interne oscille sur un cycle d'environ 11 ans : il gagne en complexité jusqu'à atteindre un maximum, puis se simplifie jusqu'à un minimum où presque aucune tache solaire n'est visible. À chaque cycle, la polarité magnétique globale du Soleil s'inverse : le vrai cycle fondamental est donc de 22 ans, appelé cycle de Hale.
Les cycles sont numérotés depuis 1755. Nous sommes actuellement dans le cycle 25, démarré en décembre 2019, avec un maximum attendu entre 2024 et 2026.
Comment on le mesure
Historiquement, on compte les taches solaires visibles à la surface : plus il y a de taches, plus le cycle est actif. Aujourd'hui, le SIDC à Bruxelles maintient la référence internationale du nombre de Wolf. D'autres indicateurs complètent la mesure :
- Flux F10.7 cm : émission radio du Soleil à 2,8 GHz, disponible quotidiennement.
- Taux d'éruptions par classe (M, X).
- Nombre de régions actives géo-effectives par rotation solaire.
Le cycle 25, initialement prévu faible par les modèles, s'est révélé plus intense que prédit. Son maximum se situe déjà au-dessus des prévisions, et les mois 2024-2025 ont été les plus actifs depuis 2001-2003.
Pourquoi 2026 est une bonne année
En période de maximum solaire :
- Le nombre d'éruptions X double ou triple par rapport au minimum.
- Les CME sont plus fréquentes et plus rapides.
- Les tempêtes géomagnétiques de classe G3 à G5 deviennent régulières.
- Les aurores descendent plus souvent en latitude moyenne, y compris sur la France.
Concrètement : entre 2022 et 2026, la France a vu plus d'aurores que sur les 10 années précédentes réunies. Les événements de 24 mars 2024, 10-11 mai 2024, 11 octobre 2024 et 1er janvier 2025 ont tous produit des aurores visibles depuis au moins la moitié du pays. Le maximum ne durera pas : le cycle redescendra naturellement à partir de 2027-2028, puis le minimum suivant sera probablement atteint vers 2030.
Ce qu'on ne comprend pas encore
La mécanique interne du cycle solaire reste l'un des grands problèmes non résolus de la physique stellaire. On sait que la dynamo solaire couple la rotation différentielle et la convection, mais on peine à prédire avec précision l'amplitude et la durée de chaque cycle. Le cycle 24 (2008-2019) fut le plus faible depuis un siècle ; le cycle 25 était initialement prévu similaire, avant de surprendre par sa vigueur.
Des cycles très longs, comme le minimum de Maunder (1645-1715) pendant lequel quasi aucune tache ne fut observée, rappellent qu'il existe une variabilité à l'échelle du siècle. On ne sait pas encore si un tel minimum pourrait se reproduire.